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August 19 2011
Entretien avec Daniel Paris-Clavel, créateur du fanzine « Chéribibi »
Qu’est-ce que la presse alternative ? En quoi la distingue-t-on de la presse généraliste ?
« Premier principe: ne pas compter de publicités dans les pages du fanzine. Mais c’est un avis très personnel. Ce point est largement discuté dans la communauté de la presse alternative. (…) Faire des distinguos est toujours très compliqué. Chaque rédacteur a ses propres préceptes. Ce qui importe le plus, c’est l’esprit. La presse alternative doit être réalisée avec une passion sans faille. »
Vous êtes rédacteur de « Chéribibi ». Quelle ligne éditoriale défend votre fanzine ?
« Notre magazine évoque la culture populaire. Et cette dernière ne doit pas se résumer à la culture connue de tous. Nous consacrons nos articles aux actions authentiquement populaires, émanations d’un peuple acteur. A ne pas confondre avec la culture de masse, fabriquée à la chaîne par l’industrie du spectacle (…) Nous proposons un « truc » avec Chéribibi : casser les préjugés, faire tomber les barrières. »
Pensez-vous écrire sur des sujets originaux ?
« Nous n’écrivons que ça. Je n’ai jamais vu un sujet évoqué dans nos pages être repris par d’autres magazines. Pour l’exemple, nous avons récemment mis en avant le western politique italien. Bref, nous comblons la marge. Et la réussite est là, nous venons de passer à une diffusion de 3000 exemplaires par numéro. »
Vous revendiquez donc votre esprit d’indépendance…
« Complètement ! La quintessence de la presse alternative, c’est d’écrire des articles en évitant de faire une pale copie de ce qu’on a lu précédemment. Faire un fanzine, c’est bénéficier d’un support original pour mettre en avant tout un tas choses que l’on ne voit nulle part ailleurs. »

